RÉTABLIR L’ÉQUILIBRE FORÊT–GIBIER A COURT TERME

UNE DÉMARCHE EN TROIS ÉTAPES

La méthode curative permet de rétablir l’équilibre forêt-gibier à court terme pour résoudre un problème urgent en appliquant 3 étapes successives :

1.

SAVOIR CONSTATER ET QUANTIFIER LES DÉGÂTS

Objectif : quantifier les dégâts sur les régénérations naturelles, plantations et semis existants pour évaluer la situation et de caractériser l’avenir du peuplement.

1.1 IDENTIFIER LES DÉGÂTS

Le chasseur comme le forestier doit être capable d’identifier la pression exercée par les ongulés sauvages. Ces atteintes sont liées à la biologie des cervidés et sont de deux natures : les dégâts d’origine alimentaire (abroutissement, écorçage) et les dégâts d’origine comportementale (frottis) qui sont le fait des mâles, les seuls à porter des bois.

Savoir Identifier les dégâts

1.2 Quantifier les dégâts

Objectif : prendre en compte, avec le chasseur, le forestier et si possible un membre de la FDC, les données factuelles, chiffrées, partagées, lors de l’inventaire, afin de déterminer les différents taux de dégâts sur une parcelle en renouvellement forestier et si nécessaire rechercher, ensuite, les causes du déséquilibre forêt-gibier.

QUANTIFICATION DES DÉGÂTS
SUR RÉGÉNÉRATION

QUANTIFICATION DES DÉGÂTS
SUR SEMIS

QUANTIFICATION DES DÉGÂTS
SUR PLANTATION

Quantification des dégâts en système irrégulier

PARTIE EN CONSTRUCTION

1.3 Interpréter les résultats

L’avenir du peuplement est estimé selon trois niveaux :
– en dessous de 15 %, tout va bien, ce sont des taux de pression sur les arbres acceptables,
– entre 15 et 25 %, l’aggravation est probable, il faut organiser la réaction,
– au delà de 25 %, l’investissement est en péril et il faut agir rapidement.

interpréter
les résultats

2.

ANALYSER LES CAUSES DU DÉSÉQUILIBRE

Le chasseur et le forestier et si possible un membre de la FDC identifier les principales causes du déséquilibre et déterminent ensemble les principales causes à traiter immédiatement et à moyen terme, puis établissent une feuille de route et passent rapidement à l’action.

2.1 Constituer une équipe

Il appartient au propriétaire forestier et au détenteur du droit de chasse concerné de constituer une équipe.
Dans bien des cas, le problème dépasse le simple cadre de la propriété forestière, il implique d’autres intervenants (FDC, CRPF, ONF, DDT(M), ANCGG) qui viendront renforcer l’équipe. L’animateur- médiateur facilite l’établissement d’un consensus et la prise de décision. Il contribue à l’établissement d’un climat de confiance ce qui facilite le consensus et la prise de décision.

CONSTITUER UNE ÉQUIPE

Dynamiser les différents acteurs et lutter contre l’inertie.

2.2 Rechercher les causes

Objectif : auditer, avec le chasseur et le forestier, et si possible un membre de la FDC, de manière partagée, impartiale et indépendantes pour déterminer les causes du déséquilibre. Etablir une feuille de route contenant des propositions à mettre en place. Choisir les solutions proposées les plus pertinentes pour améliorer la situation locale.

Les causes du déséquilibre sont multiples et variées et portent dans la majorité des cas à la fois sur :

– l’organisation et l’efficacité de la chasse sur le territoire,
– le rôle des instances dans la gestion de la grande faune sauvage sur les unités de gestion et de population et l’élaboration des plans de chasse,
– la gestion forestière et les travaux forestiers sur la forêt, le massif, le territoire.

AUDITER LES
PRATIQUES DE CHASSE

Est-ce que la demande de plan de chasse est adaptée au territoire ?
Est-ce la pression de chasse est suffisante sur le territoire et sur les parcelles à enjeux ?
Y-a-t-il un suivi sur les prélèvements ?

AUDITER LES DÉCISIONS ADMINISTRATIVES ET FÉDÉRALES

Est-ce que les unités de gestion ou de population sont bien définies ?
Est-ce que les plans de chasse à l’échelle du territoire, de l’unité de gestion ou de population sont adaptés ?
Y-a-t-il un suivi et un partage de l’évolution des populations ?

AUDITER LA
GESTION FORESTIÈRE

Est-ce que la gestion forestière est dynamique avec un équilibre sylvicole ?
Est-ce la présence du grand gibier est prise en compte lors des travaux sylvicoles ?
Y-a-t-il une amélioration de la capacité forestière de la forêt ?

2.3 CONFIRMER LE DIAGNOSTIC ET DEFINIR DES OBJECTIFS PARTAGES PAR TOUS :

DÉFINIR LES OBJECTIFS

Affiner le diagnostic en définissant des objectifs de gestion pour chacune des espèces présentes puis en sélectionnant les causes à traiter immédiatement et à moyen terme.

3.

RESTAURER L’ÉQUILIBRE

En fonction du diagnostic établi, les partenaires ont la capacité d’intervenir dans trois domaines :

– agir sur les populations de cervidés à l’échelle du territoire,
– élaborer les plans de chasse. d’une unité de gestion ou de population par la gestion adaptative,
– agir sur la gestion forestière et les travaux forestiers.

C’est la combinaison d’actions dans ces trois domaines qui rend les mesures efficaces.

L’Animateur Médiateur veille à assurer un suivi des actions et à dynamiser les acteurs.

ACTIONS À ENTREPRENDRE SANS TARDER

AGIR SUR LES
POPULATIONS DE CERVIDÉS

Préparer une demande de plan de chasse adaptée au territoire.
Pratiquer une pression de chasse suffisante sur le territoire et sur les parcelles à enjeux.
Mettre en place un suivi sur les prélèvements.

FAIRE EVOLUER LES ORIENTATIONS A L’ECHELLE DE L’UNITE DE POPULATION

Adapter les plans de chasse à l’échelle du territoire, de l’unité de gestion ou de population.
Mettre en place et partager un suivi de l’évolution des populations.

AGIR SUR LA FORÊT

Mettre en place une gestion forestière dynamique avec un équilibre sylvicole.
Prendre en compte la présence du grand gibier lors des travaux sylvicoles.
Améliorer la capacité forestière de la forêt.

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